Charles intervint :

— Il faut l'excuser, Môssieur Genès : c'est un nouveau.

— Ah! — Ces messieurs sont-ils venus dans l'après-midi?

— Môssieur Albarel est venu avec Môssieur Sicard vers une heure.

— Sont-ils restés longtemps?

— Jusqu'à deux heures et demie. Ils ont joué au billard.

Genès consulte sa montre.

— Oh, ils ne vont pas tarder d'arriver. Monsieur Sicard a rendez-vous ici avec sa… dame, fit le garçon en clignant de l'œil.

Calvite, bigle, camard, puissant du ventre, une malebosse au front, Nicolas Genès. Méthodiquement, avec des arabesques calligraphiques, il écrit : « Jules Ferry, le Tonkinois… »

Blanc et or, sous le gaz, le café. Sur des gens, la lourde porte s'ouvre, s'ouvre et se referme. Au comptoir, parmi les carafons de cognac, les soucoupes, les fioles pansues, les hautes bouteilles, rouges, jaunes, vertes, la caissière trône dans la majesté de ses seins. Hâtifs, les garçons se croisent, élevant des plateaux où les bocks moutonnent. Là-bas le patron breloqué de chrysocales s'empresse auprès de trois exotiques gantés comme des cochers anglais et flanqués de donzelles ventripotentes.