— Oh! je ne fume jamais. J'ai essayé de fumer à Bullier, pour rire.
— Là, nous allons la fumer ensemble cette cigarette. Vous êtes si gentille, quand vous lancez la fumée de vos jolies lèvres roses.
Longtemps il parla, perplexe, sa main droite par les genoux d'Henriette, qui souriait machinalement, le regard vague en les plis des rideaux. De temps en temps, elle répétait :
— Il doit être bien tard ; il faut que je rentre.
A cette menace, Albarel répondait par de nouvelles caresses plus hardies, se serrant contre elle.
On entendit le roulement d'un fiacre sur la chaussée.
Henriette tendit l'oreille et fit mine de se lever.
— Un fiacre qui passe, monsieur Albarel, voulez-vous l'appeler? Je vous en supplie ; il faut que je rentre. Quelle heure est-il? Ma sœur m'attend. Il faut que je rentre.
Albarel comprit qu'il s'attardait inutilement. Se laissant crouler aux pieds de la jeune fille, sa tête entre ses genoux, il soupira d'une voix lamentable :
— Je voudrais mourir ; je suis si malheureux. Tenez, j'ai envie de me faire tuer dans ce duel.