Quelque temps encore, de telles rodomontades. Enfin un premier procès-verbal de la rencontre est rédigé et signé.
Et sur le pas de la porte :
— Ainsi nous partons demain soir par le train de neuf heures.
— C'est entendu.
Et des salutations comme d'un geste d'androïde.
Un amas de paperasses sur le secrétaire de vieux chêne. Deux bougies clignent tristement par la chambre obombrée. Maurice Albarel, la main capricante, trie ; par crainte d'une indiscrétion posthume, il trie parmi ces billets d'amour aux surannés parfums, ces portraits de femme, ces boucles de cheveux ; il trie parmi ces lettres familiales, ces cartes d'amis, ces quittances niaises…
Bientôt, dans le foyer vide, une subite flamme qui bleuit scelle à jamais le secret de maint brimborion.
Debout, devant la cheminée, Albarel songe :
— Certes, je ne suis point poltron. Ce duel, une bonne aubaine, en somme. Il m'a déjà gagné le cœur d'Henriette. Et puis, ce doit être si amusant de raconter plus tard les péripéties d'une affaire d'honneur. Mais si j'étais tué? Bah! un dénouement tragique est si rare. Et quand même, la vie, une mauvaise blague.