De Saint-Lager les interpella d'une voix terrible.

— Qui êtes-vous? Que venez-vous faire ici?

Les lèvres rasées des deux bonshommes s'étirèrent en un sourire béat :

— Oh! monsieur, rassurez-vous, nous ne sommes pas de la police ; nous sommes de braves bourgeois et nous venons nous amuser, savez-vous?

On rit. Les deux imprévus spectateurs prirent place sur la route auprès des voitures. Les duellistes pénétrèrent dans le bois.


Les préparatifs du combat touchent à leur fin. Maurice Albarel regarde autour de lui dans une perception légèrement confuse : Giska, en longue houppelande râpée, sa jube léonine au vent, essaie la solidité d'une des épées en la brandissant. De Saint-Lager cause avec Vraziano.

Plus loin Coulesko patiente en effeuillant des brindilles. Ravasse et le médecin de la partie adverse, un barbu gibbeux, après s'être promis mutuelle assistance, sont en train d'étaler méthodiquement leurs trousses sur le gazon. Et tout cela dans une atmosphère fuligineuse.

Quelques minutes plus tard Albarel se trouva l'épée à la main en face de son adversaire.

De Saint-Lager scanda :