ENSEMBLE.

JACQUINO.MARCELINE, à part.
Ah, jarny, que c'est malheureux!Il me fuit toujours les doux yeux;
V'là qu'mon amour alloit au mieux.Ah, jarny! que c'est ennuyeux!

MARCELINE, elle a fini de repasser.

(à part.) Faut décidément que j'lui parle ferme, et que j'lui donne son congé. (À Jacquino qui revient tout essouflé) Tenez, Jacquino, je suis trop franche pour vous tromper plus long-tems. Vous ne pouvez m'convenir; j'vous l'dis à cœur ouvert et vrai, si vous voulez vous marier, vous ferez bien d'vous adresser à une autre qu'à moi.

JACQUINO.

Ah oui-dà, p'tite effrontée.... Oh vous avez beau faire, je vous aimerai malgré vous; je n'saurois m'en empêcher d'abord; n'faut pas vous imaginer, m'am'zelle, que quand l'amour a pris son pli, ça s'déplisse aussi aisément que ce linge qu'vous r'passez là... (Il le tire avec impatience.) Et puis quand un'fois on a reçu les avances d'un amoureux...

MARCELINE.

Comment, que voulez-vous dire?

JACQUINO.

Sur'ment. L'été dernier vous n'faisiez pas comme ça vot' renchérie.... C'étoit mon p'tit Jacquino par-ci, mon p'tit Jacquino par-là; vous m'laissiez chauffer vos fers, plier vot' linge, porter vos paquets aux prisonniers; enfin tout c'qu'une honnête fille peut permettre à un honnête garçon. Mais d'puis que M. Fidélio est entré dans c'hâteau, l'on n'voit plus qu'lui ou ne r'cherche qu'lui; on n's'occupe plus que d'lui.