ACTE PREMIER.
Le théâtre représente une cour entourée de bâtimens, dont les fenêtres sont grillées. Sur chaque côté de la scène est une arcade grillée qui conduit dans différens pavillons. Celle à droite du spectateur mène dans les cachots du secret; celle à gauche conduit dans une seconde cour. Au fond est la grande porte d'entrée, percée dans une épaisse muraille à créneaux, au-dessus de laquelle on apperçoit la cime de plusieurs arbres; auprès de cette porte est la loge du guichetier.
Au lever de la toile, Marceline repasse du linge auprès de la coulisse la plus près de l'orchestre, à gauche du spectateur; auprès d'elle est un petit fourneau où elle chauffe ses fers. Jacquino se tient au guichet; il ouvre la porte à plusieurs personnes qui frappent pendant le monologue suivant, et lui remettent des paquets qu'il dépose dans sa loge.
SCÈNE PREMIÈRE.
MARCELINE, JACQUINO.
MARCELINE, (repassant et regardant à la porte à chaque fois que l'on frappe.)
Fidélio ne revient point.... Ça n'est pas étonnant; il avoit tant de courses, tant de commissions à faire!... oh d'puis queuqu'tems le pauvre garçon a ben du mal... Enfin c'est aujourd'hui qu'mon père doit fixer l'jour de mon mariage avec lui!... J'ai dans l'idée que, de tous les jours de ma vie, celui-là s'ra le plus joli... Comme nous f'rons gentiment nos affaires! Fidélio toujours porte-clefs, avec la survivance de mon père; et moi blanchisseuse des prisonniers; métier où tout est gain dans ce château.