Au pied de ces coteaux, quelques villages s'avancent en amphithéâtre sur les bords du lac, et leur image est répétée dans le cristal de l'onde. D'autres villages s'étendent dans les vallées; les flèches brillantes de leurs clochers s'élèvent dans les airs, dominent d'espace en espace les paysages d'alentour, et couronnent ce riant tableau.
On voyait des troupeaux nombreux errer dans la prairie, et l'on entendait de loin les chansons des bergères et des bergers dansant au son des chalumeaux à l'ombre des bosquets.
Nous abordâmes dans un golfe où les eaux amoncelées dorment depuis le commencement des siècles dans des prisons profondes.
Trois voitures découvertes nous attendaient sur le rivage.
Nous arrivons; les barrières s'ouvrent, et le séjour enchanté du Nonce s'offre à nos regards. A droite s'étend une vaste prairie, coupée par plusieurs branches d'une jolie rivière qui la traverse et bordée d'un parc où bondissent des troupeaux de daims.
A gauche s'élève un riche coteau couvert de vignes et surmonté de deux rochers élancés vers le ciel qui ombragent de leurs sommets la plaine d'alentour.
A chaque pas on croit voir les jeux variés de la nature: tantôt c'est une nappe d'eau, où le hazard semble avoir jeté un pont; tantôt c'est un antre où mille petits ruisseaux vont se perdre; tantôt ce sont des bouquets d'arbres pittoresquement plantés.
Un superbe palais se présente dans l'enfoncement.
A mesure qu'on avance, une perspective charmante se renouvelle et s'allonge devant l'œil qui la contemple. Quelles masses! Quels groupes! Partout la sagesse et le choix ont empreint leur caractère. Partout la nature et l'art sont admirablement combinés. L'intelligence éclate dans tous les points de l'ouvrage, rien n'y brille que d'un éclat propre à faire valoir le reste; point de beautés prodiguées en vain.
Mais c'est autour du château que les beaux-arts ont rassemblé les amours et les ris.