Je vole à son secours.

P. S. Je viens d'écrire à mon oncle de ne pas être inquiet sur mon compte.

Le Palatin a eu la bonté d'envoyer un de ses gens pour m'amener mon cheval de chez le berger, et de me donner un de ses domestiques pour m'accompagner jusqu'à Derasnia.

De Bistapiec, le 13 août 1770

LVIII
DU MÊME AU MÊME.

A Pinsk.

A mon arrivée, j'ai trouvé mon père hors de danger. Sa blessure, quoique assez légère, se trouve malheureusement logée dans une partie fort délicate.

Je m'attendais qu'il me témoignerait quelque mécontentement, de ce que j'ai abandonné son parti: mais il ne m'en a pas ouvert la bouche.

J'ai retrouvé ici quelques connaissances.

Notre armée est fort éclaircie. La plupart des confédérés paraissent dégoûtés de cette ligue. Ils craignent les Autrichiens qui ont déjà pénétré dans nos provinces limitrophes, et qui font mettre bas les armes à tous les factieux qu'ils rencontrent. Ils se plaignent aussi des brigandages commis. Ils en ressentent à leur tour les funestes suites: mais ils le méritent; car ils ont été les premiers à donner l'exemple de ces horreurs.