Occupé à la considérer, je vis un château à peu de distance, et reconnus l'endroit où j'étais venu entendre la belle affligée.
A peine avais-je fait cent pas, que j'aperçus près de moi deux femmes assises sur le gazon à l'ombre d'un bouquet d'arbres.
J'avançai doucement, puis j'arrêtai pour les mieux considérer.
L'une simplement mise reposait mollement sur l'herbe, la tête inclinée, et semblait ensevelie dans de profondes réflexions. L'autre, élégamment vêtue, s'occupait à éparpiller les feuilles d'une fleur.
Comme celle-ci étendait le bras pour cueillir un brin d'herbe, elle vint à tourner la vue de mon côté. J'en étais assez près. A mon aspect elle fut effrayée, et poussa un cri. Sa compagne tressaillit, et cherchait des yeux quelle pouvait être la cause de ce cri. Je m'avançai vers elles pour les rassurer.
Mais quelle fut ma surprise lorsque, dans cette tranquille rêveuse, je reconnus Lucile!
—Ciel! L'ombre de Gustave! s'écria-t-elle aussitôt en se retirant avec effroi.
Elle pâlit, et tomba sans connaissance sur sa compagne, qui restait immobile de frayeur.
Je m'élance pour la recevoir dans mes bras; j'appelle par son nom, et m'efforce de la rappeler à la vie. Mes efforts furent longtemps inutiles.
Enfin elle entr'ouvre les yeux.