Pourquoi ces caprices, Lucile? Quand le cœur s'est donné, dis-moi, la main est-elle libre de ne pas le suivre? livre-la-moi donc, cette main si chère; elle est à moi, tu me l'as promise; c'est sur mes lèvres que tu en as fait le serment.

Viens, ma Lucile, viens, ne cessons de vivre l'un pour l'autre; jouissons ensemble de tous les dons que m'a faits la fortune et de tous ceux que t'a fait l'amour.

Samedi matin, de la rue Neuve.

LXXVI
GUSTAVE A LA COMTESSE SOBIESKA.

Par quel caprice bizarre Lucile refuse-t-elle le nom d'épouse, pour conserver celui d'amante?

C'est de Lucile, madame, que dépend le bonheur de ma vie. Je vous supplie de vouloir bien employer en ma faveur votre autorité auprès d'elle. Hélas! faut-il que je sois forcé d'avoir recours à un pareil expédient, moi qui n'aurais voulu recevoir sa main que de celle de l'amour?

Le 11 courant, de la rue Neuve.

LXXVII
LA COMTESSE SOBIESKA A GUSTAVE.

Vous êtes trop sensé, cher Potowski, pour prétendre que dans un cas de cette nature j'emploie l'autorité maternelle.

L'hymen, comme l'amour, veut être libre, vous le savez; tout ce que je puis faire pour vous obliger, c'est de travailler à pénétrer les raisons du refus de Lucile.