—Oh! non, monsieur!
Ensuite, il lui faisait des peurs bleues avec ses chiens qui la caressaient trop. Ou bien, hypocritement, il lui disait de prendre telle direction dans la forêt; elle y trouverait des mûres. Et il n'y avait en réalité que des orties! Elle sentait parfaitement qu'Emile avait le droit de se venger. Elle ne se fâchait pas. Même, dans son visage, elle atténuait, semblait-il, la férocité de ses regards violets.
—Oui, oui, tu espères me désarmer! se disait Emile. Si tu crois!...
Quelquefois, elle venait avec sa tante. Sans doute, ces jours-là, elle redoutait l'explication si terrible.
Mais Emile, malin, ne lui adressait même pas la parole.
Un matin, elle lui dit,—et sa voix était un peu voilée:
—Vous savez, que nous allons bientôt quitter Salignacq?
—Ah! par exemple!
—Oui, je dois rentrer à Paris, pour rejoindre papa. Je partirai probablement le 15 avril.
Emile sentit une commotion dans sa poitrine.