Il prit un parti héroïque. Ayant découvert un banc contre un mur, il se laissa tomber dessus.
—Comme ça, pensa-t-il, j'échapperai à l'influence de la main.
—Vous ne voulez pas entrer, Yan? Papa est absent, mais vous serez le bienvenu quand même. Ma tante est à la maison. Elle lit. Entrez donc, Yan!
C'étaient des paroles claires et douces comme des airs de flûte. Quand elles s'insinuaient dans l'oreille, chacune d'elles semblait enveloppée dans le
pétale d'une fleur bleue. Oh! c'était frais!
Et après ces paroles, ce ne fut pas une main, mais deux, qui s'abattirent sur le malheureux paysan. Et la voix, de plus en plus douce, de plus en plus fraîche, opéra de concert avec les deux mains.
—Comment, Yan! Vous voudriez rester dehors? Mais vous attraperiez du mal! Oh! je vous en prie! entrez un instant... Je vous demande bien pardon, si je ne sais pas vous supplier en patois. J'apprendrai, Yan! Allons! donnez-moi le bras comme ceci. Prenez garde; il y a une marche, là! Marchez-vous à votre aise?
—Je crois bien! répondit Yan malgré lui.
Et il ne put s'empêcher de regarder, avec ses petits yeux entourés de rides, les deux yeux profonds de Florence.
—Gredins d'yeux! ils parlent gascon! pensa-t-il.