[55: Cette foule se composait de traînards qui avaient refusé de passer le jour précédent, et qui bivaquaient sur la rive. Il fallut le canon russe pour les émouvoir.]

[56: Ce devait être le poêle de la maison.]

[57: Je revenais toujours vainqueur de ma mission. L'Empereur me regardait comme un limier qu'il lâchait au besoin, mais il eut beau faire, je rentrais toujours et j'étais payé d'un regard gracieux qu'il savait jeter à la dérobée, car il était dur et sévère avec une parole brève, quoique bon. Aussi je le craignais et je tâchais toujours de m'éloigner de lui; je l'aimais de toute mon âme, mais j'avais toujours le frisson quand il me parlait.]

[58: Les Écossais, ainsi nommés à cause de leurs jambes nues.]

[59: Voilà qui rectifie la sévérité de la fin du Huitième Cahier.]

[60: «Mon ami, me disait-il, venez parler au maire, il a deux mots à vous dire—C'est bien, Monbont, je vous suis.—Je vais vous annoncer.» Je n'ai pas à me plaindre de cet homme, il faisait son métier; c'était le mandataire de la ville, le faiseur de petits procès. Il en faisait le dimanche dans la matinée; il tenait toutes les rues. Si le tailleur avait un habit à finir, notre ami entrait chez lui: «Un procès, cinq francs d'amende, il est dix heures!» Si le perruquier rasait un homme: «Il est dix heures, cinq francs!» Pour un paquet devant la boutique d'un marchand, cinq francs d'amende; cela ne faisait pas un pli, de manière que lui seul pouvait augmenter les revenus de la ville. Il était précieux et poli.»]

[61: Je revis le major à Auxerre au café Milon: «Voilà le capitaine Coignet», dirent les officiers. Il faisait sa partie de billard, il jeta sa queue et ne voulut pas me voir.]

[62: Un ancien ami de mon père. M. Morin, me dit alors: «Votre père se porte bien, mais il a bien souffert du temps des cosaques.—Comment cela!—Vous ne le savez donc pas?—Du tout, voilà la première nouvelle.—Eh bien, ils l'ont pris, il n'a pas voulu rendre son fusil, ils l'ont lié, les mains derrière le dos avec une chaîne au cou. Il était battu, attaché derrière une voiture; il faisait pleurer tout le monde. Ils l'emmenèrent jusqu'à Avallon, là ils l'ont tant battu qu'il est resté sur la place, des âmes charitables l'ont secouru, il s'en est senti longtemps.»]

[63: Nous avons vu déjà que le père Coignet chantait au lutrin de son village.]

[64: M. Moirot avait été en même temps que moi domestique au service de M. Potier.]