«Je saurai ce que c'est que vos deux hommes. À demain. Je m'habille pour ce maudit bal. Ne soyez pas découragée.»
LE MÊME.
«Dimanche, 23.
«Je n'ai pu vous voir hier, la Chambre des pairs a fini trop tard. Aujourd'hui je passerai la journée au conseil chez le roi et dans mon salon, et je travaillerai toute la nuit pour parler peut-être demain: mon discours n'est pas prêt[3]. Le Constitutionnel répète ce matin que j'ai lu le discours à l'Abbaye-au-Bois. Vous voyez comment vos amis vous servent et comment ils sont bien informés. Allons, faites des voeux pour moi comme j'en fais pour vous! Demain ou mardi sera un jour décisif dans ma carrière politique.
«Je vous aime et cela me soutient. Après le discours je serai plus libre et tout à vous!»
LE MÊME.
«Vendredi, 18.
«Plusieurs ambassadeurs étrangers sont venus me prier de répondre au discours de M. Canning[4]. Ils m'ont trouvé travaillant au discours qu'ils me demandaient. Vous sentez que pourtant cela a un peu réchauffé ma verve, en me promettant un succès en Europe. Je vais m'ensevelir dans mon travail et je vous le montrerai. Mais je ne pourrai vous voir aujourd'hui: voilà le contre-poids à ma joie politique. Pardonnez-moi et aimez-moi un peu pour ma gloire. À demain! Salvandy a aujourd'hui vengé les Débats[5].»
On se rappelle que Mme Joseph Bonaparte, après le mariage de sa fille, avait l'année précédente annoncé l'intention d'aller avec ses enfants rejoindre le comte de Survilliers en Amérique, et quel obligeant empressement elle avait trouvé dans M. de Montmorency, alors ministre des affaires étrangères, pour accorder une autorisation de prolongation de séjour à Bruxelles en faveur de son gendre; elle ne rencontra pas une moindre bienveillance dans l'administration de M. de Chateaubriand: on le verra par les deux billets suivants.
LA REINE DE SUÈDE À Mme RÉCAMIER.