«25 octobre.
«Non, vous n'aurez pas dit adieu à toutes les joies de la terre; si vous parlez, vous reviendrez bientôt, et vous me retrouverez tel que j'ai été et tel que je serai toujours pour vous. Ne m'accusez pas de ce que vous faites vous-même. J'irai vous voir en sortant du conseil. J'ai mis les noms de Mme Thibaudeau et de M. Voutier à ma porte. Je vous aime de toute mon âme, et rien ne pourra m'empêcher de vous aimer, ni votre parti, ni votre injustice.»
LE MÊME.
«Mardi matin, 28 octobre.
«Vous voyez bien que vous vous êtes trompée. Ce voyage était très-inutile. Si vous partez, vous reviendrez au moins promptement, et vous me retrouverez à votre retour tel que vous m'aurez laissé, c'est-à-dire le plus tendrement, le plus sincèrement attaché à vous. Je suis bon à l'user; je ne me lasse jamais, et si j'avais plus d'années à vivre, mon dernier jour serait encore embelli et rempli de votre image.
«À quatre heures et demie, je serai dans la petite cellule qui sera la mienne pendant votre absence.»
LE MÊME.
«2 novembre 1823
«Craignant toujours de vous faire quelque peine, lorsque vous comptez pour rien les miennes, je vous écris ce mot sur les chemins, de peur de manquer votre passage à Lyon. Je serai jeudi à Paris et vous n'y serez plus: vous l'avez voulu. Me retrouverez-vous à votre retour? Apparemment, peu vous importe. Quand on a le courage, comme vous, de tout briser, qu'importe en effet l'avenir? Pourtant je vous attendrai; si j'y suis, vous me retrouverez tel que vous m'avez laissé, plein de vous, et n'ayant pas cessé de vous aimer. Je vous écrirai à Turin et puis à Florence.»