[57: Pierre Guérin, peintre d'histoire, élève de Regnault, né à Paris en 1774. Il obtint au début de sa carrière, en 1797, un des trois grands prix que, pour cette fois, par extraordinaire et attendu la force du concours, l'Académie crut devoir distribuer. Avant de partir pour Rome, Guérin exposa son tableau Marcus Sextus ou le retour du proscrit, qui excita un véritable enthousiasme. Ce tableau, noblement conçu, exécuté avec beaucoup de sentiment, reste une belle composition que la gravure a reproduite, et qui eût été admirée en tout temps. Mais le sujet choisi par le peintre, au sortir de nos troubles civils, alors que les émigrés revoyaient avec transport le pays natal, devait toucher fortement les âmes. On a de Pierre Guérin Phèdre et Hippolyte, une Offrande à Esculape, Orphée au tombeau d'Eurydice, Céphale et l'Aurore, Napoléon pardonnant aux révoltés du Caire, Didon écoutant les récits d'Énée, Égisthe et Clytemnestre: quelques admirables portraits, parmi lesquels il faut citer surtout ceux d'Henri de Larochejacquelein et de Lescure: toute la poésie et toute la foi de la Vendée animent ces deux belles toiles.

Nommé directeur de l'Académie de France en 1816, Guérin n'avait pas accepté ces fonctions. Appelé de nouveau à ce poste en 1822, il se rendit à sa destination. Mme Récamier l'avait trouvé à Rome en 1824 à la tête de l'Académie de France, et M. de Chateaubriand le retrouva en 1828 à la Villa Medicis, gouvernant avec un zèle fort dévoué et une grande intelligence ce noble établissement. Guérin, dont la santé toujours délicate s'altérait de plus en plus, revint en France, où il ne fit qu'un séjour de courte durée; il retourna en Italie en 1833, et mourut à Rome le 6 juillet de la même année. Homme de moeurs extrêmement douces, d'esprit fin et cultivé, sa société avait beaucoup d'attrait; artiste plein de sensibilité, de goût et de grâce, sa peinture a plus de charme encore que de science.

Ary Scheffer et Eugène Delacroix furent ses élèves.]

[59: Ambassadeur du roi des Pays-Bas, et gendre de la comtesse de Valence, fille elle-même de Mme de Genlis.]

[60: M. Desmousseaux de Givré, secrétaire d'ambassade à Rome, député sous le gouvernement du roi Louis-Philippe: homme d'un esprit peu commun, d'une âme droite et élevée, d'un caractère un peu bizarre.]

[61: M. Lenormant, qui accompagnait Champollion dans son exploration en Égypte.]

[62: La vicomtesse de Laval.]

[63: La vicomtesse de Laval.]

[64: Mme Dodwell née Giraud (d'une famille noble de Rome), mariée alors en premières noces à l'antiquaire anglais Dodwell, auteur d'un ouvrage intitulé: Classical tour in Greece. Elle est à présent la femme du comte de Spaur, ancien ministre de Bavière à Rome. Le ciel, qui l'a douée d'une beauté rare et charmante, lui a encore accordé l'insigne bonheur de contribuer à faire sortir de Rome, en 1848, le pontife Pie IX, prisonnier aux mains de sujets rebelles.

Mme de Spaur a donné de cette évasion du pape un récit simple et attachant.]