— Voilà, fit Lucienne, on aurait une sale jupe en loques qu’on aurait bien traînée dans la graisse et dans la suie, et sur le dos, un vieux tapis plein de poussière, et, aux pieds, des chiffons attachés avec des cordons tout effilochés.

— Non, des ficelles, renchérit Clémence.

— Des ficelles pleines de nœuds. Et on se salirait la figure avec du charbon.

— Et on se tremperait les mains dans l’encre, pour avoir les ongles dégoûtants, et que cela tienne.

— Pour faire la pommade, on se mettrait de la mélasse sur la tête et cela coulerait tout le long des cheveux jusque sur les habits.

Agnès, dont l’esprit était resté lucide et qui ne perdait rien de ces jolis propos, se retourna dans son lit en murmurant :

— Les petites horreurs !

Les « petites horreurs » s’imaginant qu’elle rêvait, poursuivirent :

— Et puis, dans un pot à fleurs, on entasserait des feuilles fanées qui sentent très mauvais, avec des araignées noires et des limaces : cela ferait un beau pâté. Après on délayerait de la terre jaune avec de l’eau croupie comme il y en a dans les mares.

— Non, de l’huile de foie de morue, c’est encore plus sale.