Marie-Rose se tut, calmée. Elle comprit que si la mère Préfète avait voulu l’amener à une soumission volontaire, elle avait tout de même reconnu d’une manière détournée, mais pleine de loyauté et de délicatesse, sa non-culpabilité. Pour un moment cette pensée lui fit oublier tous ses griefs.

— Je ferai ce que vous voudrez, ma mère, dit-elle avec une docilité sans restriction.

— Alors, venez avec moi ; il faut battre le fer pendant qu’il est chaud.

Toutes deux s’acheminèrent vers la Communauté ; et, en route, l’enfant babillait, le cœur allégé.

— Nous avions beaucoup de chagrin, vous savez, mère Assomption, pendant que vous étiez absente. Tout le monde était très pieux, à la prière pour les malades ; et moi, je disais Salus infirmorum chaque soir avant de m’endormir.

Dans la cour de la Communauté, on trouva la mère Supérieure et la mère Sainte-Catherine qui se promenaient, chacune de son côté, en récitant les Heures.

Un peu chiffonnée que l’on n’ait même pas mis sa soumission en doute, Marie-Rose s’avança vers la mère Sainte-Catherine et dit tout court :

— Pardon, ma mère.

La religieuse ne répondit point d’abord, semblant trouver que c’était un peu sec. Mais la mère Préfète dut faire signe qu’il ne fallait pas exiger davantage, car la prétendue offensée répondit d’un ton solennel :

— Je vous pardonne, mademoiselle.