— Marie-Rose !… non, ce n’est pas possible !…
On a si bien pris l’habitude de la considérer comme un bébé qu’on a du mal à se la représenter dans sa nouvelle incarnation.
— C’est maintenant une grande personne, explique Anne, elle aura bientôt cinq ans.
— Et elle a l’air joliment sage.
Le fait est que le tablier qui l’engonce un peu, la ceinture qui lui serre l’épaule, ce titre officiel de Verte qui lui appartient désormais : tout cela donne à Marie-Rose un petit air réfléchi qui la change entièrement.
On est très en l’air dans toutes les classes.
Après les congratulations mutuelles, les poignées de main et les embrassades ; après le récit schématique des vacances, il faut songer aux affaires sérieuses, c’est-à-dire à l’installation et au rangement du matériel.
C’est une allée et venue continuelle des études à l’« armoire », de l’« armoire » aux études. Les nouvelles de chaque division reviennent avec des paquets de livres neufs ; les anciennes se contentent de provisions de papeterie ; mais tout le monde est pressé, tout le monde veut être servi en même temps, et il en résulte quelque désarroi.
Les religieuses n’en paraissent point très mécontentes. Pour un jour de rentrée, elles préfèrent un peu d’animation, voire même de bousculade, à une trop grande sagesse. La transition est ainsi moins pénible entre la liberté dont on vient de jouir et la discipline qu’il va falloir reprendre.