1er PRIX DE FRANÇAIS : Marie-Rose Gourregeolles, deux fois nommée.
1er PRIX D’HISTOIRE : Marie-Rose Gourregeolles…
A chaque appel de son nom, Marie-Rose monte sur l’estrade, reçoit son prix, puis regagne sa place sans paraître se douter que, pour un moment, elle est une triomphatrice.
Elle est toute désemparée. Le chagrin de quitter son cher couvent, un vague effroi de la vie nouvelle qu’il va lui falloir mener, la hantent sans merci.
La veille, cet avis a passé dans les groupes :
« Les enfants qui doivent quitter définitivement le Pensionnat sont priées de rassembler leurs paquets de toute nature au vestiaire où se font les malles. »
Alors la petite Gourregeolles s’est senti le cœur et le cerveau si lourds que la faculté de raisonner s’est particulièrement éteinte en elle.
Machinalement, elle vide son pupitre, réunit tous les menus objets qui lui appartiennent, et, sans mot dire, les porte sur la longue table du vestiaire, en face du no 31, qui est le sien depuis son entrée au couvent.
Le soir, au coucher, elle récite avec une ferveur profonde l’acte de contrition quotidien ; c’est de toute son âme qu’elle demande pardon des fautes qu’elle a pu commettre envers ses maîtresses et envers ses compagnes. Puis, la figure cachée sur son bras replié, elle sanglote éperdument.