Aujourd’hui, jour des prix, la matinée occupée par les derniers préparatifs de la fête et par les apprêts de la toilette, s’est écoulée joyeuse pour la plupart, morne pour Marie-Rose.

A différentes reprises, ses compagnes l’ont tarabustée : « Comment peut-elle avoir cette figure de bonnet de nuit avec la perspective des succès qui vont pleuvoir sur elle ?… »

Les unes la félicitent d’avance ; d’autres lui expriment gentiment le regret qu’elles ont de la quitter : Marie-Rose est très touchée, mais sa figure ne se déride pas.

Ce qu’il lui faudrait pour la remettre d’aplomb, c’est une bonne causerie cœur à cœur avec l’une de ses maîtresses, parmi celles qui la connaissent et la comprennent : mère Saint-Bernard, mère Saint-Jacques, mère Sainte-Thérèse et surtout mère Assomption. Mais toutes sont absorbées par des occupations supplémentaires, aucune ne se trouve disponible.

Et la petite Gourregeolles traîne son chagrin, le cerveau brouillé, les jambes molles, le geste hésitant.


Mlle Gourregeolles, de Paris, a tous les premiers prix, et on applaudit chaleureusement. Au concours fait entre les établissements du même Ordre et placés sous la même direction, elle obtient la première place ; c’est un succès pour le couvent, et on l’acclame.

Marie-Rose n’en a cure. Ces étapes glorieuses sont un acheminement vers le dernier sacrifice ; tout à l’heure, la porte du couvent se fermera sur elle pour ne plus se rouvrir… : c’est à cela qu’elle songe…, à cela seulement.