— C’est cela, le couvent ? interroge la petite.
— Oui, c’est le Pensionnat ; c’est là qu’habitent nos chères filles, et que vous habiterez vous-même.
— Où sont donc mes cousines Louvière ?
— Elles sont en classe, vous les verrez sortir tout à l’heure, quand sonnera la collation.
— Qu’est-ce que c’est, la collation, madame ?
— C’est ce que vous appelez probablement le goûter.
— Ah ! oui, le goûter…, je sais, alors.
Sur le pas d’une porte enguirlandée de vigne, musarde une fillette de treize à quatorze ans, vêtue d’un tablier de cotonnade bleue et qui, au bruit que fait le portail de la voûte en se refermant, disparaît dans les profondeurs de l’appartement.
— Coudert, dit la religieuse, sans trop de sévérité, ne vous cachez pas, c’est inutile ; j’ai très bien vu que vous perdiez votre temps. Allez au Noviciat dire à la mère Maîtresse qu’elle m’envoie la petite sœur d’Ailly.