La jeune Coudert, qui n’est autre que l’orpheline de semaine au Pensionnat, s’éloigne pour exécuter l’ordre qui lui est donné. Mais, avant de s’engouffrer dans le passage, elle se retourne deux ou trois fois pour bien examiner la « nouvelle » ; et le geste qui traduit son impression signifie clairement : « Qu’elle est petite !… oh ! mais qu’elle est petite !… »
Sœur d’Ailly arrive peu de temps après, sous la figure d’une postulante habillée de mérinos noir, avec un bonnet également noir qui lui emboîte étroitement la tête et les oreilles. Malgré son vilain costume, elle est très gentille, sœur d’Ailly. Elle paraît douce, un peu timide, mais remplie de bonne grâce.
— Ma petite sœur, dit la religieuse, voici notre nouvelle enfant, Marie-Rose Gourregeolles. Vous allez la promener dans les jardins et tâcher de la distraire jusqu’à la collation.
— Bien, mère Préfète.
Mais Marie-Rose, qui commence à s’habituer à son introductrice, prononce, d’une petite voix posée, point du tout pleurnicheuse :
— J’aimerais mieux rester avec vous, madame.
— C’est que je n’ai pas le temps de me promener aux jardins, moi. J’ai affaire dans mon cabinet.
— J’irai bien dans votre cabinet, si vous voulez, madame.
— Bon, Marie-Rose, il ne faut pas vous contrarier pour le premier jour. Ma petite sœur, tenez-vous dans la classe de couture, où mère Sainte-Rosalie trouvera bien à vous employer. Cette jeune personne changera peut-être d’avis.