La mère Préfète reprit :

— Que toutes celles qui ont jeté leur pomme au plafond se lèvent : Bénédicte, Jeanne, Marthe… en tout, neuf. Celles-là seules seront privées de dessert ; les autres auront des fruits secs. Maintenant, qui a parlé la première ?

— Moi, prononça Marie-Rose.

— Naturellement ; trop heureuse d’avoir une occasion de jeter votre pomme au plafond, même si cette pomme n’eût pas senti le chat.

— Mais c’est moi qui ai dit pour les poils, fit Élisabeth Charost.

— Et c’est moi qui ai donné l’exemple et jeté ma pomme en l’air, ajouta Laurence Dupuy.

— Bien, dit la mère Préfète, dont la sévérité « mollit » en face de la courageuse franchise de ses élèves ; nous réglerons cette affaire-là plus tard. Mais je tiens à vous dire ceci dès maintenant : vous savez fort bien que nous sommes toujours disposées à écouter vos réclamations, voire même vos plaintes, quand elles sont motivées et que vous les formulez d’une manière convenable : dès lors, rien ne saurait excuser le désordre et la mutinerie. Votre manque de sang-froid de ce soir est impardonnable.

La sanction définitive ne fut pas bien rigoureuse.

Aux Billets suivants, les coupables, debout au milieu du demi-cercle formé par l’assistance, furent admonestées de façon judicieuse et sévère. Et la leçon ainsi donnée profita à elles et à leurs compagnes mieux que n’importe quelle punition.

III
LES PUNITIONS