— Mais cela va être horriblement difficile.
— Je crois bien, fit Marie-Rose d’un air entendu. Et savez-vous de quelle époque date cette Petite Rhétorique des demoiselles ?… de 1829.
— Non ?…
— Oui. Et l’on dira encore que nous sommes Restauration, Madame Adélaïde, etc. Mais on deviendrait vieux rien qu’en regardant certains de nos livres.
Un petit cliquetis de chapelet qui se fait entendre du côté de la porte arrête net ce flot d’éloquence.
— Marie-Rose !… Quand vous aurez fini de pérorer… Descendez de votre tribune et écoutez-moi.
— Oui, mère Assomption, répond la fillette, subitement calmée.
— Ce petit traité de rhétorique que vous raillez en si beaux termes est un excellent ouvrage, c’est pourquoi on le maintient en dépit de son apparence surannée. Plus tard, vous serez la première à le reconnaître ; mais en attendant, contentez-vous de nous croire sur parole.
Plus tard, en effet, quand Marie-Rose commença l’éducation de ses enfants, quand elle leur apprit à mettre leurs idées en ordre et à les exprimer nettement, ce à quoi elle s’attacha d’une façon toute spéciale, il lui revint souvent des réminiscences très profitables de la vieille petite rhétorique qui l’avait si fort égayée autrefois.