«Ah! vous voilà, vous autres, dit-il en découvrant mes amis dans un coin de la chambre. La journée a dû être bonne par un temps comme cela. Donnez-moi votre argent.»

Par malheur les pauvres petits, comme vous savez, avaient perdu une partie de l'après-midi à regarder jouer les enfants et à chercher la dame à la pièce d'or, et au lieu de deux francs que Joseph leur avait fixés comme minimum de recette, ils ne rapportaient que trente sous. Il allait se mettre en colère lorsque tout à coup il vit briller quelque chose sur la poitrine de César. L'enfant ignorait que le dessus de son habit, aussi clair que du canevas, permettait de voir la malheureuse pièce de vingt francs qu'il avait cru si bien cacher.

Joseph était muet de surprise.

«Une pièce d'or! s'écria-t-il enfin. Comment César, tu as de l'or!... et tu ne le dis pas tout de suite!... Voyons, donne-moi ça, mon garçon?

—Ce n'est pas à moi, dit César stupéfait.

—Aurais-tu la prétention de la garder?

—Je te dis qu'elle ne m'appartient pas; on me l'a donnée pour un sou; je le crois du moins.

—C'est trop fort!... Es-tu donc devenu tout à fait imbécile? Si on te l'a donnée, elle est à toi.

—Non, te dis-je....

—Allons! allons, pas tant de raisons. Si elle n'est pas à toi, elle est à moi, j'en fais mon affaire.»