«Venez, disait Richard, mon père vous fera rendre Balthasar.

—Non, monsieur Richard, non, répondit Jean; vous êtes bien honnête, mais nous ne pouvons accepter votre offre. Madame votre tante ne nous connaît pas; aller comme cela chez elle serait lui causer de l'embarras et peut-être du désagrément. Nous préférons retourner à la maison. Parlez de nous à monsieur votre papa, et, s'il le désire, nous irons le voir. Tout le monde sait que c'est un digne homme. Vous lui direz, monsieur Richard, que nous sommes à ses ordres.»

CHAPITRE XVI.

L'histoire que raconte le vieux Cyprien. La fin de tout cela.

Et Jean emmena César et Aimée, qui fondaient en larmes. Ils rencontrèrent sur la place quelques anciens d'Arbonne qui se préparaient à reprendre le chemin de leur village. Quand on est vieux, on en a bientôt assez du tumulte des fêtes; le bruit, les tambours, les spectacles, les danses, la musique, tout cela vous étourdit et ne vous dit plus rien à l'imagination. On lui préfère cent fois le silence des bois, qui permet à l'esprit de se recueillir; l'ombrage des vieux arbres, où l'on est si bien pour deviser du temps passé, et la contemplation de la campagne, qui réjouit le coeur en lui parlant sans cesse d'avenir.

Ils arrêtèrent Jean, qui se préparait à passer outre.

«Ne voulez-vous donc point que nous fassions route ensemble, père Jean? demandèrent-ils.

—Pour moi, répondit Jean, je ne demande pas mieux, et si cela vous convient?...

—Venez, mon brave. Un honnête homme de plus ne gâtera pas notre société.... Mais vous emmenez trop tôt ces pauvres enfants; ils auraient voulu rester pour voir le feu d'artifice.... C'est sans doute ce qui les fait pleurer.

—Non, répondit Jean; ils sont plus raisonnables que cela, Dieu merci!... S'ils pleurent, c'est qu'ils en ont réellement sujet.»