Peut-être bien, mes petits lecteurs, que vous vous demandez si César et Aimée avaient réellement la vocation de domestiques.... dans des maisons où il n'y a rien à faire? Non, rassurez-vous. M. Lebègue et Mme de Senneçay les ont fait élever à la ferme des Granges, où la bonne Victoire, heureuse de les voir enfin fixés près d'elle, leur a constamment donné les soins d'une mère. L'excellente fille, pour ne point se séparer d'eux, a renoncé à se marier. Jusqu'à ce qu'ils eussent atteint leur quinzième année, mes amis, qui, je l'espère, sont un peu devenus les vôtres, ont été à l'école avec Florentin et Florentine. Ensuite M. Lebègue et M. Robert mirent tous leurs soins à faire de César un agriculteur distingué, et Mme de Senneçay voulut achever elle-même l'éducation d'Aimée. Elle lui a donné la raison, le bon sens élevé, la dignité modeste qu'on voudrait rencontrer chez toutes les femmes en général, mais plus encore, peut-être, chez celles qui sont destinées à mener une existence laborieuse, soit aux champs, soit dans les villes.

Dernièrement un double mariage avait lieu à Orly. C'était César qui épousait Florentine, et Aimée qui épousait Florentin. Les témoins des époux étaient M. Lebègue et M. Robert, d'un côté, et de l'autre le père Antoine et son ami Jean. On me disait hier que César et sa femme allaient partir avec M. Richard pour assainir et mettre en culture une immense propriété que M. Lebègue vient d'acheter en Sologne. Il s'agit d'un millier d'hectares au moins; mais la tâche n'effraye ni César ni M. Richard, qui tous deux sont actifs, intelligents et courageux.

Quant à Aimée et à Florentin, ils demeurent à Orly auprès de leurs parents.

Parmi mes petits lecteurs, il s'en trouvera peut-être quelques-uns qui se diront que nos héros n'ont point fait une assez grande fortune. Je ne m'y suis pas opposée, quant à moi; seulement il n'entre point dans le caractère de César et d'Aimée de chercher le bonheur dans la possession des richesses ou des grandeurs. Ils ont toutes les qualités voulues pour faire l'un et l'autre, un bon père et une bonne mère de famille ... Mais ils ne sont encore qu'au début de la vie, et nous ne savons point ce que la Providence leur réserve.

FIN.

TABLE.

Chapitres.

I. César, Aimée et son compagnon Balthasar

II. Où il est prouvé que la fortune nous arrive

parfois à l'improviste, sans être attendue, et