«Voyons, leur dit-il doucement, calmez-vous.

On ne veut pas vous faire du mal. Remettez-vous et répondez à M. le gendarme qui vous interroge. Dites-lui ce que vous savez.

—Nous ne savons rien, nous, fit César avec désespoir.

—Cela n'est pas possible. Vous voulez tromper la justice, dit le gendarme; on sait toujours qui on est... Si vous ne me répondez pas, il faudra pourtant que je vous arrête.

—Là! fit tout à coup la servante qui avait écouté à la porte, ces pauvres enfants! il me fait mal de les voir en cet état. Ce n'est pas eux qui ont fait le coup; j'en répondrais sur ma tête. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu'ils sont innocents.

—Pourquoi donc alors qu'ils s'obstinent à garder le silence?

—Ah! pourquoi? Je n'en sais rien, moi; mais soyez certains que s'ils étaient coupables, ils répondraient. Les criminels ont réponse à tout.

—C'est vrai, fit observer M. Robert. Voyons, mes enfants, un peu de courage, et avouez si vous savez qui a mis le feu.

—Comment, répondit enfin César, pourrions-nous savoir cela, puisque nous ne connaissons pas le village que vous dites?