—Eh bien! reprit le gendarme, dites-nous seulement ce que font vos parents?

—Ces enfants sont orphelins, fit M. Robert.

—Alors ils ont des oncles, des tantes, un tuteur, quelqu'un enfin qui doit s'occuper d'eux et à qui nous allons les reconduire.»

César et Aimée, que l'idée d'être ramenés par les gendarmes à Joseph Ledoux effrayait au delà de toute expression, ne desserrèrent point les dents.

«Vous vous taisez? Il va donc falloir se décider à nous suivre. Qui que vous soyez, on ne peut vous laisser comme ça courir les chemins. Ce n'est pas pour rien qu'on a inventé les colonies agricoles et pénitentiaires.»

Sur ces entrefaites, un cavalier qui était entré dans la cour avec la vitesse d'un ouragan, mit lestement pied à terre et pénétra dans la salle.

«Qu'est-ce donc, messieurs les gendarmes? demanda-t-il.

—C'est ces deux petits rôdeurs que nous arrêtons, monsieur Richard.»

M. Richard, qui avait alors une douzaine d'années, était un fort beau garçon dont la physionomie intelligente et gracieuse inspirait tout d'abord de la confiance et de la sympathie. On se sentait disposé à l'aimer même avant de le connaître. César et Aimée, qui, à travers leurs larmes, pouvaient à peine le voir, devinèrent tout de suite que c'était un ami, et se reprirent à espérer.

CHAPITRE VIII.