—Bravo! à la sauce Robert; c'est tout à fait grand genre! Combien vous faut-il de temps pour préparer cela?

—Un quart d'heure.

—Allez. En attendant donnez-nous, pour nous faire prendre patience, une miche, un cervelas et une bouteille de cacheté.»

Au premier service, les choses allaient déjà très-bien; mais au second!... Ah! au second, elles allèrent bien mieux encore. M. Sabin, tout à fait en verve, était pétillant d'esprit.... Il se livrait à tant et tant d'aimables folies que la grosse servante s'écriait en se tordant de rire:

«Est-il drôle, ce M. Sabin! Mon Dieu, est-il drôle!»

Quant à mes amis, entraînés par l'exemple, et aussi par un appétit féroce, ils avaient bu et mangé en un seul repas, plus qu'ils ne faisaient d'ordinaire en trois jours. Mais ces excès devaient leur coûter cher; le quart d'heure de Rabelais arriva: il fallut payer toute cette goinfrerie.

«C'est cent sous, dit la fille en additionnant sur ses doigts.

—Cent sous, fit M. Sabin, c'est un peu cher; mais comme tout cela était bon et cuit à point, je ne te rabattrai rien.»

M. Sabin avait si bien déjeuné qu'il tutoyait la servante.

«Paye, César,» dit-il.