Le pauvre enfant sanglotait.
«Nous ne reviendrons plus par ici, va, calme-toi,» lui disait Jean, qui ne savait que penser de cet accès de douleur.
On rentra tout attristé à la maison; cependant le lendemain dès le matin César se mit courageusement à l'ouvrage, il était fort et ne s'épargnait pas la peine. Jean l'encourageait.
Quant à Aimée elle rangeait, lavait et balayait comme une petite femme. Jean lui avait appris comment il fallait faire, et elle s'acquittait déjà bien de sa tâche. Puis il lui montra à coudre.
Il fallait voir le bonhomme assis sur l'herbe, les jambes croisées à la façon des tailleurs, tenant d'une main une grosse aiguille dans laquelle était passée une aune d'un gros fil noir.
On mettait des bouts de manches à une blouse de laine. Jean cousait en surjet. Ce n'était pas fin, oh! non, mais cela tenait bien, car le fil était solide.
Il disait à Aimée:
«Vois-tu bien, petite, regarde comme cela se fait: on attache un bout de l'étoffe à sa ceinture, on tient le reste ferme et bien tendu avec sa main gauche, de la droite on passe l'aiguille comme cela, on la tire de l'autre côté et le point se trouve fait. Essaye un peu à ton tour, pour voir si tu réussiras.»
Aimée prenait la manche et essayait; mais elle ne réussissait pas toujours. Pour un point qui pouvait rester, il y en avait dix qu'il fallait défaire. Tout lui causait de l'embarras; c'était son dé qui tombait, le fil qui se bouclait, l'aiguille qui se défilait.... Que sais-je encore?... Puis elle prenait trop d'étoffe: