Et il contourna un avancement que formait le four sur le jardin. Les roses étaient superbes en effet. C'étaient des mille-feuilles, mais elles commençaient seulement à s'ouvrir. Mes amis, qui n'osaient en cueillir, se contentaient d'en respirer le parfum.

«Tiens! vous saviez donc qu'il y avait là des rosiers? dit la femme qui, ne voyant pas ressortir les enfants, était venue pour voir ce qu'ils faisaient. Ils ont été plantés par ceux qui possédaient la maison avant nous. De braves gens qui sont morts bien malheureusement.... Vous en avez peut-être entendu parler?...»

César n'eut pas la force de répondre; il se sauva parce qu'il avait envie de pleurer. Dehors, il put donner cours à ses larmes, et son coeur fut soulagé.

«Qu'a-t-il donc, ton frère? demanda la femme à Aimée, pourquoi se sauve-t-il comme cela?

—C'est sans doute parce qu'il ne veut pas faire attendre notre maître qui est dans la rue.

—Votre maître? Ah! mon Dieu! est-ce que vous êtes déjà en condition?

—Oui,» répondit Aimée, en fermant la porte. Puis elle ajouta: «Je vous remercie, madame.

—Il n'y a pas de quoi, ma petite, dit obligeamment la femme.... A une autre fois, si l'occasion se représente.»

Aimée sortit, et trouva Jean qui questionnait César.

«Voilà ce que c'est, dit la petite fille, dans le temps que nous étions à Paris, il rêvait toujours de la campagne, de bois, de villages, de rochers, enfin de tout ce qu'on voit par ici, n'est-ce pas, César?... C'est bien singulier, allez, cette petite maison et ce jardin, on eût dit qu'il les connaissait, n'est-ce pas? dis donc, César?»