— Qu’est-ce qu’il y a ? dit-il d’une voix brève.
— Un gros mal de tête et de la fièvre, répliqua promptement la femme de chambre, sentant que l’heure n’était pas aux longs discours. Madame est sortie vers onze heures dans le parc, et est rentrée une demi-heure plus tard avec des éblouissements si forts qu’elle a pris la rampe pour monter et m’a sonné aussitôt après pour avoir de l’eau fraîche. Elle était partie sans chapeau, et pendant que je lui posais des compresses sur le front, elle m’a parlé d’un coup de soleil qu’elle aurait reçu dehors, à ce qu’elle croit.
— Il fallait me faire chercher immédiatement, interrompit Jean.
— Nous y avions bien pensé, répliqua la Bretonne, sur le ton de l’excuse, mais madame l’a défendu, disant que ce n’était rien. Elle a continué à souffrir du front et n’a pas déjeuné ; puis la fièvre est venue ensuite, et voilà seulement un instant qu’elle repose, c’est pourquoi j’ai pris la liberté de faire arrêter monsieur en chemin.
— Et le médecin, reprit le jeune homme, l’a-t-on demandé ?
— Madame ne l’a pas permis davantage, monsieur, elle disait que le repos suffirait.
Jean, qui ne l’écoutait plus, fit quelques pas en hésitant du côté de la porte, puis se ravisant :
— Vous m’avertirez aussitôt que madame se réveillera, dit-il seulement.
Et il rentra dans sa chambre.
Pendant deux heures il se promena de long en large. Sur son ordre, le dîner avait été retardé, et une voiture était partie pour Lorient afin de ramener un médecin.