Il n’est que de croire.

LES RAMEAUX DE FRANÇOIS

IL a volé! disait laconiquement mon grand-père à chacune des personnes qui entrait dans sa chambre, attirée par le bruit de l’aventure.

Et sa tête, à demi tournée pour reconnaître l’arrivant, se retournait vers le coupable.

J’étais descendu le premier, animé d’une ardeur de guerre, et de la curiosité la plus aiguë que j’avais encore jamais ressentie.

Face à face, sans grilles, sans gendarmes, j’allais donc, à moins de neuf ans, affronter un de ces individus qui alimentent les histoires terribles—vraies ou fausses—un de ces forcenés contre qui la société, la police, les prisons et les menottes demeurent impuissants; qui n’ont ni honneur, ni scrupules, et, ce qui m’étonnait bien plus alors, qui n’ont peur de rien!

«Craquements de boiserie», avait-on coutume de nous dire la nuit, dans nos frayeurs d’enfants. Et nous-mêmes, nous riions, au point du jour, de ce voleur qui marchait toujours et qui n’arrivait jamais.

Craquements de boiseries, hein, cette fois?

Et je me le représentais, après avoir forcé l’entrée, montant l’escalier à pas de loup, sur ses pieds nus ou ses chaussons; frôlant en passant la porte derrière laquelle je dormais, puis celle de ma mère, puis toutes les autres, prêt toujours à entrer partout. Ah! le misérable.