Mes cousines d’abord; les jumelles, miraculeusement échappées à la surveillance rigoureuse de leur miss, et blotties aussitôt, dans la peur d’un rappel probable, à l’ombre d’un paravent; mon frère aîné, descendu de la mansarde, où il «potassait» des x, à l’abri de notre tapage; ma tante Hortense; ma mère enfin.

A chaque entrée, sur chaque figure, j’avais retrouvé successivement, et selon le caractère de chacun, un étonnement pareil au mien.

C’était «ça», le voleur?

Puis les impressions secondaires s’étaient manifestées.

Mes cousines l’avaient trouvé sale, et le lui avaient fait comprendre par un recul de leurs personnes, aussi proprettes que précieuses. Mon frère l’avait jugé insignifiant, et avait haussé les épaules, en homme qu’on dérange pour rien.

Ma tante, elle, s’était «défiée».—Elle se défiait toujours,—et avait enlevé à grand bruit les clefs qu’on laissait chez nous, sur tous les meubles et aux tiroirs.

Ma mère s’était avancée, et, touchant l’épaule de l’enfant:

—Qu’est-ce que tu as fait, mon petit? lui avait-elle demandé doucement, avec cette persuasion sérieuse qui nous faisait lui avouer, quand elle l’employait avec nous, même nos sottises les mieux cachées.

L’éternel mouvement de tête lui avait seul répondu, désignant d’un coup de menton l’amas de branches par terre. Et comme elle insistait encore:

—Laisse, avait dit mon grand-père. Il venait pour voler du buis. Voilà tout ce qu’il a pris...