«Vois-tu ça?

«Comment! tu ne connais pas Le Tréport? Je croyais que tu y étais il y a deux ans.

«Non, ce n’est ni Trouville, ni Deauville; mais c’est élégant déjà, et la vie y est fort gaie.

«Beaucoup de toilettes, très amusantes à regarder, avec ces fantaisies, et ces audaces qu’on n’oserait jamais à Paris.

«Une belle inconnue qui circule beaucoup, à pied, à bicyclette, en bateau et en voiture, fait notre bonheur dans ce genre.

«—Quelle robe a Nadèje aujourd’hui? se demande-t-on quand on se rencontre...—C’est son surnom parmi nous.—Et le fait est que depuis que nous sommes ici, Nadèje ne nous a jamais fait la traîtrise de remettre celle de la veille.

«Moi je change de robe après le bain, et je me rhabille pour dîner; c’est tout.

«C’est exquis, tu ne trouves pas? ces deux ou trois mois de l’année, où l’existence est au rebours de toutes les habitudes de toujours; où on s’occupe uniquement à s’amuser; où on danse tous les soirs, où on dîne, où on déjeune sur l’herbe?...

«Au quart de ça, à Paris, maman commencerait à refuser les invitations.

«Je ne danserais pas tous les cotillons. Je ne souperais jamais.