«J’ai eu tout le succès que je désirais avoir, puisque que c’était un succès très «unique» que je cherchais. Devines-tu?

«En rentrant, la robe de Jeanne d’Arc était oubliée, et je n’ai pas eu la gronderie que j’attendais.

«Et puis?... Et puis demain, ou après, nous recommencerons, puisque nous sommes ici pour nous amuser!

«Bonsoir, ma chérie.»

ENTRÉE DANS LE MONDE

8 juillet 1895.

M’A-T-ELLE fait rêver ta lettre! En ai-je assez lu chaque mot, en ai-je assez usé les plis!...

Il me semblait qu’en la tenant, je n’avais qu’à fermer les yeux et que je voyais tout ce bal. C’était ma lampe d’Aladin. Je la prenais entre les mains, et «tes» lustres s’allumaient. Les gens circulaient au-dessous; ma Lucette passait en tournant, avec son bel ami penché, qui l’écoutait dire ses folies; la musique m’arrivait après...

Je l’aurais racontée, ta fête, à qui aurait voulu m’entendre. J’y regardais danser chaque soir.

T’ai-je enviée aussi, pour tout dire! Pas de la vilaine envie dont on fait, je ne sais pourquoi, un des neuf très affreux péchés. De la jolie envie, naturelle à l’homme et aux petites filles, d’être là où l’on s’amuse. Pas d’y être «à la place» de quelqu’un; d’y être aussi, voilà tout...