On ne voit en l’air que poissons, papillons, oiseaux, démesurés, de toutes les couleurs les plus violentes, traînant leurs queues en papier...

Par terre des gens à quatre pattes occupés à démêler leur ficelle dans laquelle on se prend les pieds, et qu’ils rebobinent en gémissant, parce qu’ils perdent le meilleur coup de vent!...

Sans se connaître, sans se parler, on suit les cerfs-volants rivaux. On prend parti. Le dernier fait est extravagant. Pas un enfant ne pourrait le lancer, et ce sont d’ailleurs les hommes, pères ou amis, dans leur désœuvrement, qui construisent, qui enluminent, et qui courent éperdument.

Il y a dans cet endroit restreint une sorte de courant de sympathie, de sociabilité au moins, tout à fait inconnu ailleurs, et nous nous amusons tous de la mode.

Inutile de dire que c’est la seule, du reste, qu’on suive sérieusement ici. Pas l’ombre de toilette.

Le matin on met sa robe, le lendemain on la remet; et puis voilà. Ça repose.

8 septembre.

Nous avons été hier à Carolle, «la petite Suisse», comme on dit ici.

Bien petite en effet, et où il faudrait couper les gens en quatre pour en faire des habitants proportionnés au pays.

Un joli vallon boisé, qu’on descend et qu’on remonte. Une falaise très élevée, quand on revient par la plage. De gros rochers en bas. Une certaine sauvagerie.