Nous traversâmes le quartier d’Abdine, l’Esbekieh, puis ce fut la gare !
Je faillis crier de joie en entendant le dernier coup de sifflet de la locomotive qui nous emportait à toute vapeur vers Alexandrie. Mon allégresse était telle, que mon mari, à son tour, se laissait gagner à ma fièvre d’indépendance.
Et si petite que pût être la part de bonheur que le sort nous réservait, comme nous ignorions la part des peines, nous étions heureux d’être enfin nos maîtres. Ce bonheur pour moi était si grand, qu’il me semblait que mon cœur ne pourrait le contenir.
Toute ma jeunesse et tous mes espoirs gonflaient ma poitrine.
Je partais enfin, j’allais commencer avec mon mari « chez nous », une vie nouvelle, ma vie !…
Jehan d’IVRAY.
Imp. Paul Dupont, 4, rue du Bouloi. — Paris. — 502.10.10. (Cl.).
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Albérich-Chabrol. — Le Flambeau. — La chair de ma chair.