J'aurais dû être énergique, mais j'ai cru qu'il s'y entendait véritablement. J'allai à la boîte à outils voir ce que je trouverais. Quand je revins, il était assis par terre, la roue d'avant entre les jambes. Il jouait avec, la faisait tourner entre ses doigts. Le reste de la machine était sur le gravier, à côté de lui.
—Il est arrivé quelque chose à votre roue d'avant.
—Ça en a tout l'air, n'est-ce pas? répondis-je. (Mais c'était un de ces hommes qui ne comprennent pas l'ironie.)
—Il me semble que la direction est faussée.
—Ne vous faites pas de bile à ce sujet, vous allez vous fatiguer. Remettons la roue en place et partons.
—Voyons toujours ce qu'il en est, maintenant qu'elle est démontée.
Il en parlait comme si elle s'était démontée par accident.
Et avant que j'aie pu l'en empêcher, il avait dévissé quelque chose quelque part et voilà que de petites billes roulaient sur le chemin. Il y en avait une douzaine environ.
—Attrapez-les, s'écria-t-il, attrapez-les! Il ne faut pas que nous en perdions. (Il se montrait tout inquiet à leur sujet.)
Nous rampâmes pendant une demi-heure environ et en retrouvâmes seize. Il espérait qu'on les avait toutes, car autrement cela causerait une grande gêne dans le fonctionnement de la machine. Il expliqua que c'était le point essentiel, quand on démonte une bicyclette, d'avoir soin de ne pas égarer une de ces billes et de les remettre toutes en place. Je lui promis de suivre son conseil, si jamais je démontais une bicyclette.