—Les arbres noueux, aux branches entrelacées, reprit le premier élève.

—Non! non! interrompit le professeur, je ne vous demande pas de réciter le poème. Je veux que vous me disiez, avec des mots de votre façon, quel était le genre de forêt où vivait cette jeune fille.

Et comme le professeur tapait du pied, le premier élève lança cette phrase avec vigueur:

—Monsieur, c'était une forêt comme les autres forêts.

—Dites-lui quel genre de forêt, dit le professeur, s'adressant au deuxième élève.

Le deuxième élève déclara que la forêt était verte.

Cela accrut l'énervement du professeur: il traita le deuxième élève d'imbécile, je ne vois du reste pas pourquoi, et passa au troisième, qui depuis un moment avait l'air d'être sur des charbons ardents et brandissait son bras droit comme un sémaphore détraqué. Il avait du mal à se contenir, l'émotion l'empourprait; il fallait que sa science fit irruption sur le champ, que le professeur le questionnât ou non.

—Une forêt sombre et obscure, s'écria le troisième, visiblement soulagé.

—Une forêt sombre et obscure, répéta le professeur, approuvant évidemment. Et pour quelle raison était-elle sombre et obscure?

Le troisième se montra encore à la hauteur de la question.