—De la terre, monsieur.

—Non, non, que pousse-t-il dans une forêt à part les arbres?

—Oh, des buissons, monsieur.

—Des buissons, très bien. Maintenant nous sommes dans la bonne voie. Il y avait dans cette forêt des arbres et des buissons. Et quoi encore?

Il s'adressait à un petit garçon assis à l'autre bout du rang. Ayant jugé la forêt trop éloignée de lui personnellement pour qu'elle pût lui causer de l'embarras, cet élève occupait ses loisirs à jouer au jeu de croix et zéros avec lui-même. Ennuyé, ahuri, mais sentant l'obligation d'ajouter quelque chose à cet inventaire, il hasarda:

—Des ronces.

C'était une erreur, le poète n'avait pas parlé de ronces.

—Klobstock naturellement pense à quelque chose qui peut se manger, commenta le professeur, qui se flattait d'avoir la repartie vive. (Cela fit éclater contre Klobstock des rires, qui plurent au professeur.)

—A vous, continua-t-il, faisant signe à un garçon assis au milieu. Qu'y avait-il encore dans cette forêt, à part les arbres et les buissons?

—Il y avait un torrent, monsieur.