—Très bien, et que faisait le torrent?
—Il murmurait, monsieur.
—Non pas. Les ruisseaux murmurent, les torrents...?
—Mugissent, monsieur.
—Il mugissait. Et qu'est-ce qui le faisait mugir?
C'était une question embarrassante. Un des garçons—j'admets que ce n'était pas le plus intelligent—suggéra la jeune fille. Le professeur changea la forme de la question pour nous venir en aide.
—Quand mugissait-il?
Notre troisième meilleur élève, venant de nouveau à notre secours, expliqua qu'il mugissait quand il tombait sur les rochers. Je suppose que plusieurs parmi nous eurent l'idée vague, que ce devait être un torrent pusillanime, puisqu'il faisait tant de bruit pour si peu de chose; un torrent plus courageux, estimions-nous, se serait relevé et aurait poursuivi son chemin, sans dire un mot de plus. Un torrent qui beuglait chaque fois qu'il tombait sur un rocher, nous le considérions comme un torrent bien faiblard; mais le professeur, lui, ne semblait pas en être choqué.
—Et qui habitait cette forêt, outre la jeune fille?
—Des oiseaux, monsieur.