Toi, du moins, ô Cerbère, tu fus pris par les vers du poète Orphée, lorsqu’en chantant il s’éplorait devant le palais des Enfers ;

les oreilles dressées, la queue en mouvement, tu fis taire ta triple gueule, dit la légende ;

et, on le raconte encore, les Mânes, les impitoyables Sœurs et Pluton se mirent à soupirer en versant des larmes pieuses.

Or l’Amour l’avait frappé d’un trait pointu qu’on ne voit pas venir, et c’est le même Amour qui m’a férocement blessé au cœur.

Mais toi, prêtre, tu l’emportes sur le monstrueux portier des morts, tu l’emportes sur les Euménides aux serpents tortueux,

tu es plus sourd que les flots de la mer Ionienne et que chacun de ses rivages, et tu te détournes, et tu dédaignes toujours mes prières.

Sans doute tu te ris des douleurs humaines, ô très impitoyable. Et tu as l’espoir que tes prières puissent émouvoir les dieux ?

XIV
CUM FAUSTINA OMNIA SIBI ESSE EREPTA

Tu Veneri veneres, cœco tu spicula Amori,

Mercurio linguæ munera surpueras.