Franz me demanda ce que c'était que la sorcellerie, et j'allais lui répondre, quand je vis les trois pigeons étrangers, suivis de quatre pigeons d'Europe, s'élever dans l'air et prendre le chemin de Falken-Horst avec une telle rapidité, qu'ils furent bientôt hors de vue.

«Bon voyage, Messieurs, dit Jack en leur tirant son chapeau et en leur faisant un grand salut.

ERNEST. Ah! ah! le sorcier est en défaut.

—C'est bien dommage, répliquaient ma femme et Fritz, que ces charmantes bêtes soient perdues pour nous.»

Je ne me laissai cependant pas troubler, et, les yeux fixés sur les pigeons, je leur disais: «Allez, allez vite, et ramenez-nous des compagnons demain soir au plus tard; allez vite, et revenez. Entendez-vous, petits?»

Je me tournai alors vers mes enfants, et je leur dis: «Voilà qui est fini pour les étrangers, voyons ce que feront nos pigeons.» Ceux-ci ne paraissaient pas disposés à suivre leurs frères; apercevant que la terre était couverte de graines, ils s'abattirent et vinrent les picoter; puis ils rentrèrent au colombier, comme s'ils en eussent eu l'habitude.

JACK. «Ceux-là, à la bonne heure, ils sont raisonnables: ils préfèrent un bon abri à une terre inconnue.

FRITZ. Eh! ne crie pas tant après eux; tu sais que mon père t'a promis de les faire revenir; son esprit familier les ramènera.»

Ces mots firent sourire tous mes enfants, et le reste de la journée se passa à lever les yeux vers le ciel pour tâcher de découvrir les fuyards. Je commençai à n'être pas rassuré; le soir vint, nous soupâmes, et rien encore; enfin nous allâmes nous coucher.

Le lendemain matin nous nous remîmes à travailler; mes fils, moitié curiosité, moitié impatience, attendaient l'issue de l'affaire, quand Jack accourut vers nous tout joyeux, en criant: