«Il est revenu! il est revenu! hé! hé!

TOUS. Qui donc? qui donc?

JACK. Le pigeon bleu! le pigeon bleu!

ERNEST. Mensonge! mensonge! C'est impossible.

MOI. Et pourquoi donc? ne t'avais-je pas prédit que le camarade reviendrait? Et sans doute le second pigeon est en chemin.»

Nous courûmes au pigeonnier; notre fuyard était revenu avec un pigeon étranger, et il avait repris sa place au colombier.

Mes enfants voulurent fermer la porte sur eux; je m'y opposai en leur objectant qu'il faudrait toujours l'ouvrir plus tard. «Et puis, ajoutai-je en riant, comment l'autre entrera-t-il si nous lui fermons la porte?»

Ma femme ne comprenait rien à ce retour merveilleux; Ernest seul soutenait que c'était le hasard. «Et si l'autre revient, lui dis-je, tu seras bien embarrassé, n'est-ce pas?»

Tandis que nous parlions, Fritz, qui parcourait le ciel de ses yeux de faucon, s'écria tout à coup: «Ils viennent! ils viennent!» Et, en effet, nous ne tardâmes pas à en voir une seconde paire s'abattre à nos pieds. La joie qui les accueillit fut si bruyante, que je fus obligé de la modérer; sans quoi nous aurions effrayé nos pauvres oiseaux, qui cette fois ne seraient peut-être plus revenus. Mes petits enfants se turent, et les deux pèlerins entrèrent à leur tour dans le colombier. «Eh bien? dis-je à Ernest.

ERNEST. C'est fort extraordinaire; mais je n'en persiste pas moins à soutenir que c'est un hasard, un hasard merveilleux, il est vrai.