ERNEST. C'est ainsi que dans ce monde le vice même peut devenir la source du bien.
FRANZ. En attendant, je regrette notre pauvre âne de tout mon cœur, et je pleurerais volontiers en pensant qu'il est perdu pour toujours.
MA FEMME. Hélas! mon cher enfant, nous plaignons tous le sort du pauvre animal; mais remercions Dieu, qui a permis que le sacrifice de sa vie en rachetât peut-être une plus précieuse.
MOI. Maintenant, mes chers enfants, que ferons-nous du serpent?
FRITZ. Je viens de le mesurer, je lui ai trouvé trente-cinq pieds de long, et il est de la grosseur d'un homme ordinaire.
FRANZ. Mais ne pourrions-nous pas manger la chair du serpent? Voilà de la viande pour quinze Jours.
TOUS. Fi donc!
FRITZ. Nous pouvons l'empailler et le garder comme une curiosité.
JACK. Plaçons-le devant la maison, la gueule béante, afin d'effrayer les cannibales qui seraient tentés de nous attaquer.
FRITZ. Oui-da! afin qu'il devienne un épouvantail pour nos animaux. Pour moi, je suis d'avis qu'on place cette merveille dans notre salle d'histoire naturelle.