Après avoir allumé deux flambeaux pour éclairer notre marche, nous commençâmes à avancer avec la plus grande circonspection. Bientôt Fritz s'écria avec l'expression du ravissement: «Ah! cher père, c'est une nouvelle grotte au sel; le vois-tu briller comme du cristal sur le sol et les murailles?

MOI. Ce ne sont pas des cristallisations salines; car l'eau coule sur elles sans s'altérer et sans changer de goût. Je crois plutôt que nous sommes dans une grotte remplie de cristal de roche; car le lieu et le sol sont des plus favorables.

FRITZ. À tout hasard, je vais en détacher un morceau pour nous tirer d'incertitude.... Et c'est bien du cristal de roche; mais il a perdu sa transparence.

MOI. Il faut s'en prendre à la maladresse de l'ouvrier qui l'a détaché sans précaution. Il fallait creuser sa base et l'ébranler à coups de marteau jusqu'à ce qu'elle tombât d'elle-même.

FRITZ. Je vois que de toute notre belle découverte nous ne pourrons pas rapporter un seul échantillon.

MOI. Vraiment non. Mais aussi personne ne pourra nous enlever facilement notre trésor. Et plus tard, si le Ciel nous envoie la visite de quelque navire européen, nous pourrons faire marché avec le capitaine, qui se chargera de l'exploitation.»

Pendant cet entretien nous avions fini d'explorer la grotte dans tous les sens, et je jugeai qu'il était temps d'aller retrouver la lumière du jour, d'autant plus que nos flambeaux tiraient à leur fin.

En sortant de la grotte, nous aperçûmes avec étonnement le pauvre Jack assis à l'entrée et tout en pleurs. À ma voix il se leva et s'élança vers nous avec un visage qui hésitait entre le rire et les larmes.

MOI. «Qu'as-tu donc, mon enfant, à rire et à pleurer ainsi en même temps?

JACK. C'est la joie de vous revoir vivants. Je vous ai crus ensevelis sans ressource sous cette affreuse montagne. Je l'ai entendue mugir à deux reprises et trembler dans ses fondements, comme si elle allait s'écrouler tout entière.