FRITZ. Connaît-on une grande quantité de ces animaux, et la membrane odorante occupe-t-elle chez tous la même place?

MOI. Les espèces odorantes sont nombreuses, et presque toutes les glandes se trouvent près de la région de l'anus. Le castor produit le castoreum, que la médecine emploie dans le traitement des maladies nerveuses. La civette possède les mêmes propriétés. Mais l'animal de ce genre le plus généralement connu est le musc, qui porte sa poche odorante au-dessous du nombril.

FRITZ. L'odeur de la civette est-elle la même que celle du musc?

MOI. Je ne saurais l'assurer; mais, dans tous les cas, la différence ne doit pas être bien grande.

FRITZ. Par quel procédé parvient-on à se procurer ces parfums?

MOI. En général, l'animal qui les porte les livre au chasseur avec sa vie. Il faut excepter toutefois la civette et la genette, qu'on est parvenu à apprivoiser, principalement dans le Levant et en Hollande. Pour extraire le musc, les Hollandais se servent d'une espèce de petite cuiller qu'ils introduisent dans la poche odorante de l'animal. Pour cette opération, ils enferment l'animal dans une cage, l'attirent vers les barreaux, le saisissent par la queue ou par les membres inférieurs; et, dans cette posture, il est facilement dépouillé de sa possession. L'opération se renouvelle généralement tous les quinze jours. Quant au produit, qui peut équivaloir à un quart d'once, il est versé dans un récipient de verre, et, lorsque la provision est assez considérable, on la livre au commerce.

FRANZ. Il faudra apprivoiser une civette, si nous en rencontrons; je lui ferai l'opération des Hollandais.

MOI. Sans doute, il ne restera plus qu'à l'enfermer dans le poulailler, car cet animal est grand amateur de volailles.

ERNEST. C'est pour cela que j'aimerais mieux un musc, qui ne se nourrit que d'herbe et de mousse.

MOI. Il faudrait savoir si l'herbe de tous les pays a la propriété d'engendrer le musc.